LEBANON ::

Didier Baladi

Le Mont Hermon

14/02/2009

Informaticien, Liban

Depuis des annees, de petits groupes de marcheurs effectuent l’ascension du mont jusqu’au sommet. En septembre de l’an 2000, j’ai participé à une de ces marches avec un ami, Rami, tout aussi amoureux de la marche et de la découverte du Liban.

Jabal ech cheikh ou Mont Hermon est une montagne dans la chaîne de l’Anti-Liban. Son sommet se situe à 2814 mètres d’altitude et il est à la frontière entre le Liban et la Syrie. Les pentes sud sont sous le contrôle israélien depuis 1967. La montagne du Hermon couvre quelques 1000 Kilomètres carrés. Elle accumule de grandes quantités des précipitations grâce à son altitude, ce qui représente une ressource très convoitée dans cette région aride. Les eaux ruisselantes de la montagne forment la rivière du Jourdain. A savoir aussi que les seules pistes de ski du côté israélien, se trouvent sur les pentes sud du mont Hermon, et du côté syrien, le gouvernement vient de révéler des plans de développement pour plusieurs milliards de dollars.

Le mont Hermon a plusieurs références dans la Bible. On le cite comme le lieu possible où la Transfiguration de Jésus eut lieu. Aussi que c’est à la base sud du Mont Hermon, que Jésus a révélé à ses disciples son intention de bâtir son église et d’aller à Jérusalem pour y mourir et ressusciter.

En 2005, la municipalité de Rachaya a percé une route qui arrive jusqu’à une altitude de 2400m et organise des treks jusqu’au sommet. A l’époque de la marche effectuée, cette route n’existait pas encore. L’ascension avait duré plus de six heures, le départ ayant débuté un peu plus haut que la localité de Rachaya. On avait dormi sur place à Rachaya et la marche avait commencé dès 5h du matin. La pente est forte et la montagne est plutôt aride. Rien que des buissons et de la pierraille. Mais déjà avec un peu d’altitude, le paysage devient très intéressant. On déploie les cartes géographiques pour pouvoir repérer les villages et les sommets de la chaîne du Mont-Liban (Barouk, Kneisse, Sannine, et même Kornet es Saouda). A mi-chemin, on fait une halte à une source bien fraîche. A partir de là, la pente devient beaucoup plus raide, et de la neige glacée fait même son apparition. On a du mal à croire qu’on est toujours au Liban. Au sol, des débris d’avion témoignent que dans cette région des combats d’avion ont eu lieu en 1973. On est très curieux de voir la vue qu’on aura au sommet. La pente est presque de 30%, et la neige glissante rend la montée difficile. Finalement, le sommet apparaît, et au lieu d’un lieu désert comme tous les sommets du Liban, celui-ci est habité. En effet, une bâtisse bien construite avec des drapeaux onusiens trône à son sommet. C’est le contingent autrichien dans le cadre de la force d’interposition entre Israël et la Syrie qui est installé ici. On est très bien accueilli. On se fait expliquer ici le quotidien, le froid, les tempêtes, etc. Mais comment ces voitures sont-elles là ? La pente est trop forte du côté libanais mais du côté syrien la pente est beaucoup plus douce et une route parfaitement asphaltée y accède. Même que certains villages ne sont pas très loin. Le panorama est superbe ! D’un coté, la Syrie, de l’autre les chaînes de montagne libanaises et au sud, on distingue au loin les fameuses fermes de Chebaa. Bon c’est l’heure de rentrer, la descente sera longue et presque aussi difficile que la montée, tellement la pente est forte et le sol caillouteux.

0 Comments

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *